Gimbuka Success stories: quelques exemples dans les districts Gicumbi et Gatsibo

Depuis près de 60 ans, la Caritas Rwanda assiste les vulnérables et les nécessiteux de divers ordres dans tous les coins du pays. Certains par une  assistance ponctuelle et d’autres par une assistance de longue durée les préparant à assumer pleinement leur avenir, notamment par la scolarisation. De nos jours, la Caritas aide aussi les pauvres économiquement actifs à oeuvrer pour leur auto-développement à travers les techniques agricoles bio-intensives modernes et la création des groupes d’épargne et de crédits intra-communautaires. Plusieurs bénéficiaires de la Caritas ont franchi le pas et laissé derrière eux la pauvreté. Quelques exemples des districts de Gicumbi et Gatsibo pour illustrer cette dynamique.

Hafashimana Bénjamin, un jeune de 24 ans, né dans le district de Gicumbi, secteur de Bukure, cellule Karenge, est aujourd’hui enseignant à l’Ecole primaire de l’Académie De la Salle à Byumba. Ce jeune célibataire est aussi étudiant à l’Université de Technologie et des Arts de Byumba (University of Technology and Arts of Byumba - UTAB). Orphelin de père, il vit avec sa mère et son unique soeur à son village natal.

Hafashimana Bénjamin a commencé à être pris en charge par l’assistance de la Caritas, à travers son projet CHAMP, en 2007. Il était alors en 4ème année de l’école primaire. Le projet CHAMP pourvoyait du matériel scolaire et l’uniforme aux élèves orphelins et ressortissants des familles pauvres. Après ses études primaires, il a réussi son admission à l’enseignement secondaire et il a été admis au cycle du Tronc commun de l’Ecole secondaire de Gasange. Il fut dès lors pris en charge par le projet “HIGA UBEHO” qui venait de remplacer le projet “CHAMP”. En plus du matériel scolaire et de l’uniforme, “Higa Ubeho” fournit le minerval du jeune Hafashimana Bénjamin jusqu’à la fin du Tronc commun en 2013. L’année suivante, il fut admis à la section pédagogique de l’Ecole secondaire TTC  De la Salle à Byumba où ses études étaient prises en charge par le projet Caritas Rwanda USAID Gimbuka Program qui a remplacé Higa Ubeho depuis octobre 2012. Hafashimana Bénjamin continua de bénéficier de la même assistance jusqu’à la fin de ses études secondaires en 2016.

Depuis la rentrée scolaire 2017, le jeune Hafashimana Bénjamin a été recruté pour être enseignant à l’Ecole primaire de l’Académie De la Salle à Byumba, une école d’application du TTC De la Salle où il venait de terminer ses études secondaires. Il pouvait dès lors de sentir autonome et chercher à aider sa mère et sa soeur pauvres.

“Du salaire que je gagne depuis lors, nous a-t-il dit, j’ai commencé à réhabiliter notre maison d’habitation et j’ai acheté une petite parcelle aux alentours de notre maison, car nous n’avions que l’espace de la maison. En plus, je mets de côté une partie de ce salaire pour pouvoir payer mes études à l’UTAB. Tout cela, je le dois au projet USAID Gimbuka de Caritas Rwanda, car s’il ne m’avait pas aidé à payer mes études secondaires, cet emploi d’enseignant et ce que je fais pour ma famille et même mes études à l’UTAB, je n’aurais pas pu les obtenir”.

Prié d’exprimer ce qu’il ressentait de l’assistance dont il a bénéfiicié de la Caritas, Hafashimana Bénjamin a tout simplement dit: “Ce que je peux exprimer du fond du coeur, c’est que je prie Dieu de me procurer ce dont je pourrais moi aussi aider les autres en guise de reconnaissance de ce qui m’a été fait, principalement pour aider ceux qui ont problèmes pour leur scolarité. Partout où je pourrai vivre, si j’en ai les possibilités, je ne manquerai pas d’aider mes voisins qui auront des situations telles que celles que j’ai vécues”.

Le groupe “Duteraninkunga” de Mugina

Celui-ci comprend 20 membres regroupés dans une association d’épargne et de crédits internes et engagés dans la lutte contre la malnutrition, en s’inspirant notamment des techniques bio-intensfives dans leur jardin-école (Farmer Field School-FFS).

Selon le responsable de ce groupe, M.Théophile Nkinamubanzi, “lorsque le projet USAID Gimbuka a commencé à  opérer dans le district de Gicumbi, il a aidé les vulnérables inscrits dans la première catégorie de l'"Ubudehe" pour la scolarisation de leurs enfants et a promu le regroupement des autres personnes pauvres dans des associations d’épargne et crédits internes pour favoriser leur auto-développement et améliorer de leur état nutritionnel par le biais des jardins-école. Aujourd’hui, plusieurs des membres de notre association ont laissé la pauvreté derrière eux, car chaque membre peut prendre un crédit et se payer la mutuelle de santé pour sa famille, s’acheter des semences améliorées, payer les frais scolaires de ses enfants, etc. Chacun des membres de notre association a son petit jardin domestique où il cultive des légumes. Nous n’avons plus des enfants souffrant de la malnutrition”.

Lors de notre visite auprès de cette association, nous avons en effet constaté que chacun des sept membres venus à l’entretien de leur jardin-école avait un ou plusieurs animaux d’élevage acquis grâce à leur association. Le cas typique étant celui de la jeune Jeannette Abayisenga,18 ans et membre de l’association depuis 3 ans, qui, par une ingénieuse demarche de crédits - achats - vente et de nouveaux achats, possède aujourd’hui deux vaches de race améliorée, deux porcs et trois moutons. Jeannette Abayisenga ambitionne même de s’inscrire très prochainement dans lune formation mécanique pour devenir mécanicienne de véhicules et de motos.

Abishyizehamwe de Gitoke dans le district de Gatsibo

Il s’agit d’un groupe de sept jeunes filles qui, après avoir interrompu leur scolarité après le 1er cycle du secondaire (Tron Commun), ont été récupérées par le projet USAID Gimbuka de Caritas Rwanda pour une formation en coupe-couture au Centre de Formation Professionnelle de Butamwa appartenant à la Caritas diocésaine de Kigali. Après une année de formation, les sept jeunes filles ont bénéficié d’un kit matériel d’accompagnement comprenant une machine à coudre, un rouleau d’étoffe, une paire de ciseaux, des fils, un fer à repasser… pour les aider à se lancer dans la vie professionnelle.

Une fois rentrées dans leur village, les sept jeunes filles ont sagement suivi les consignes que leur avait données les responsables de la Caritas, les encourageant à s’associer pour travailler ensemble et devenir ainsi compétitives et pouvoir gagner les marchés.

Selon leur responsable, Mlle Solange Mukandayambaje, “après leur formation, elles se sont effectivement rendues compte qu’elles allaient tout perdre si chacune devait aller se débrouiller seule. Elles se sont donc associées et ont demandé un local à leur secteur administratif. Celui-ci leur a octroyé une maisonnette comprenant une chambre qui leur sert de dortoir et une autre pour être leur atelier de couture. Aussitôt, elles se sont associées deux autres personnes, une dame et un monsieur, qui jouissaient d’une expérience professionnelle plus solide. L’idée leur est ensuite venue de trouver des jeunes à former elles-mêmes pour pouvoir trouver les moyens de subsistance et subvenir à d'autres besoin. C’est ainsi qu’une quinzaine de jeunes filles se sont faites inscrire pour cette formation et ont ainsi permis à la toute jeune association de louer un autre local sur la voie publique et ouvrir un compte bancaire. "Maintenant, nous avons un grand espoir que notre association sera plus forte et que nous gagnerons davantage de marchés", nous a confié Mlle Solange Mukandayambaje.

Interrogée sur le suivi qu’exerce le projet USAID Gimbuka après les avoir lancé dans la vie professionnelle, Solange Mukandayambaje nous a dit que le projet leur rendait régulièrement visite pour leur donner des conseils et leur a fourni les statuts d’une cooperative pour s’y conformer dans leur association. “Mais, a-t-elle souligné, pour nous l’important ce n’est pas tant de bénéficier de ceci ou de cela de la part du projet Gimbuka, ce que nous voulons c’est d’arriver au stade où nous pourrons leur montrer que les efforts qu’ils ont fournis pour nous n’ont pas été vains. Nous voulons que, lorsque nous serons devenues une association autonome, nous puissions leur dire: “Vous nous avez aidés, voici celles et ceux que nous sommes, nous aussi,en train d’aider”.

Aloys MUNDERE

0
0
0
s2sdefault