Formation sur le “burnout” et l’assistance psychosociale préliminaire

Du 29 au 30 août 2018, le personnel de la Caritas Rwanda au projet EA 07/2018 et les responsables des oeuvres sociocaritatives des Caritas diocésaines ont bénéficié d’une formation sur le “burnout” et l’assistance psychosociale préliminaire. Cette formation organisée par la Caritas Rwanda en collaboration avec Trocaire Rwanda,  a été assurée, pour ce qui concerne le burnout, par M. Magnus Gasana, Spécialiste en Psychologie clinique, et celle sur l’assistance pyschosociale préliminaire par Mme Judith Mukeshimana, Chargé de l’Action humanitaire chez Trocaire Rwanda.

Le burnout est un état d'épuisement émotionnel, physique et mental causé par un stress excessif et prolongé qui intervient surtout lorsqu’on travaille avec des personnes dans des conditions difficiles ou exigeantes. Ce qui est le cas spécifique des bénéficiaires de cette formation dont certains travaillent dans l’assistance de la Caritas Rwanda aux réfugiés burundais de Mahama, tandis que d’autres sont quotidiennement aux prises avec les multiples  problèmes des pauvres nécessitant diverses formes d’assistance.

Les signes du burnout s’observe lorsqu’on a de plus en plus de mal à se lever le matin, par la respiration qui se bloque régulièrement, de l’insomnie, des réactions cutanées ou des douleurs récurrentes apparaissent, des troubles de la mémoire ou de la concentration, etc. Ce mal a souvent pour causes: une charge de travail excessive, le manque d'autonomie, le déséquilibre entre la vie professionnelle et la vie privée, le déséquilibre entre le travail fourni et la reconnaissance obtenue de la part de supérieurs et/ou le salaire, le manque de communication entre la direction et les employés, ou entre les employés, etc.  Les causes directs sont :

  • Le stress : déséquilibre entre la perception qu’une personne a des contraintes que lui impose son environnement et la perception qu’elle a de ses propres ressources pour y faire face ;
  • L’épuisement professionnel: un état d’épuisement physique, émotionnel et mental causé par l’implication à long terme dans des situations qui sont exigeantes émotionnellement
  • Le harcèlement moral : toutes conduites abusives (gestes, paroles, comportements, attitudes) qui portent atteinte, par leur répétition ou leur systématisation, à la dignité ou à l’intégrité psychique ou physique d’une personne, mettant en péril l’emploi de celle-ci ou dégradant le climat de travail.
  • La violence : qui peut être d’ordre physique sur les biens et/ou les personnes (agressions, vols,) ou plus psychologique (domination, intimidation, persécution, humiliation,).

Le burnout est le résultat de plusieurs facteurs liés aux conditions du travail :

  1. a) Les facteurs liés au travail prescrit (tâche demandée/contenu du travail) : fortes exigences quantitatives : charge de travail, rendement, pression temporelle, masse d’informations à traiter ; fortes exigences qualitatives : précision, qualité, vigilance, etc ; caractéristiques de la tâche : monotonie, absence d’autonomie, répétition, fragmentation, etc.
  2. b) Les facteurs liés aux relations de travail : manque d’aide de la part des collègues et/ou des supérieurs hiérarchiques ; management peu participatif, autoritaire, déficient, etc. ; absence de reconnaissance du travail accompli.
  3. c) Les facteurs liés à l’environnement physique et technique : nuisances physiques au poste de travail (bruit, chaleur, humidité, etc) ; mauvaise conception des lieux et/ou postes de travail (manque d’espace, éclairage, etc).
  4. d) Les facteurs liés à l’environnement socio-économique de l’entreprise : surenchérissement à la compétitivité sur le plan national ou international ; mauvaise santé économique de l’entreprise ou incertitude sur son avenir.

Concernant l’assistance psychosociale préliminaire, notons que, outre le complément alimentaire fourni aux catégories vulnérables parmi les réfugiés burundais à Mahama, la Caritas Rwanda fournit également l’appui psychosocial avec le soutien de Trocaire. L'un des indicateurs de cette composante est l’assistance psychosociale préliminaire (Psychosocial First Aid en Anglais - PFA) qui est essentiellement dispensée par le personnel de la Caritas dans le camp, les Filles de la Charité œuvrant avec la Caritas et les volontaires de la Caritas dans le camp. Mme Judith Mukeshimana a tenu à rappeler que Trocaire a organisé cette session pour doter ce personnel des compétences, des directives et des outils permettant de fournir des services d’appui psychosocial dans les situations d’urgence. Cela, a-t-elle dit, aidera ce personnel à mener une formation similaire aux volontaires de Caritas pour qu'ils sachent clairement la portée de leur travail.

Le PFA est une réponse humaine et solidaire à un être humain souffrant et qui peut avoir besoin de soutien. Il s’agit d’une intervention de choix en réponse aux besoins psychosociaux des individus ou des familles touchés par les catastrophes et le terrorisme. Il est conçu pour réduire la détresse initiale causée par les événements traumatiques et pour favoriser le fonctionnement adaptatif et l'adaptation immédiats et à long terme.

La formatrice a expliqué les objectifs fondamentaux de la PFA, qui devrait bénéficier de la PFA, ce que doit faire et ce que l’on ne doit pas faire dans le PFA et les trois principes d'action de la PFA qui sont: voir, écouter et connecter.

  1. 1. Voir: le répondant vérifie la sécurité, les personnes ayant des besoins de base manifestement urgents et les personnes ayant de graves réactions de détresse ;
  2. 2. Écouter: s’adresser aux personnes qui pourraient avoir besoin de soutien. Se renseigner sur les besoins des gens et leurs préoccupations. Écouter les gens et les aider à se sentir calme.
  3. 3. Connecter: aider les gens à répondre aux besoins de base, à accéder aux services et à faire face à leurs problèmes. Leur fournir des informations sur l'événement de crise, les services de soutien disponibles et la manière de demander de l'aide. Connecter les personnes avec les proches et le soutien social. S'assurer que les personnes vulnérables ou marginalisées ne sont pas négligées. Faire le suivi avec les gens si vous promettez de le faire et lier les personnes avec un soutien pratique est une partie importante de la PFA. La PFA est souvent une intervention rapide et ponctuelle. Aider donc les gens à découvrir leurs forces et à s’aider eux-mêmes et à reprendre le contrôle de leur situation.

                                                            Aloys MUNDERE

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