Sibomana Faustin, un agri-éleveur étrangement innovateur

Sibomana Faustin est un agri-éleveur du secteur de Murunda, dans le district de Rutsiro, à l’Ouest du Rwanda, une région montagneuse à pente escarpée, mais labourée de la vallée au sommet. Pas un moindre espace sans cultures. La population y est si dense qu’il est très rare d’y trouver un paysan possèdant 1 hectare de parcelle.

Sibomana Faustin possède deux lopins: l’un de 30 m sur 20 m où il réside et un autre de 25 m sur 15 m situé plus loin. Lorsqu’on arrive chez lui, on est singulièrement frappé de constater que, contrairement au commun des Rwandais, il ne possède pas une moindre cour devant sa maison. En lieu et place, il y a aménagé un jardin potager à deux niveaux, l’un sur terre et un autre suspend sur une charpente en planches.

Sibomana Faustin est un volontaire vulgarisateur du projet USAID Gimbuka de Caritas Rwanda. En 2016, ayant été en formation sur les techniques naturelles d’intensification agricole (Bio Intensive Agriculture Technics) pour pouvoir les vulgariser auprès des bénéficiaires du projet de sa zone, il se résolut de les expérimenter d’abord chez lui, pour servir de modèle, avant d’en faire pratiquer aux autres.

Pour y parvenir, il a contracté un crédit de 30 000 francs rwandais (35 USD) pour acquérir des planches résiduelles pour construire une armature de son jardin à étage par lui-même conçu, des sacs pour y remplir de terres mélangées de composts, les clous et autres outils et matériel de construction. Au premier essai, Sibomana Faustin sema des oignons et des betteraves sur un espace de 4 m sur 2 m et put obtenir une si bonne récolte qu’il parvint à rembourser la moitié de son crédit. Selon ses propos, il aurait même eu davantage s’il avait pu accéder facilement à une route à grande circulation. De là, il prit l’engagement de transformer toute la cour de sa maison en un jardin potager à deux niveaux en permanence semé de divers légumes, notamment des choux, des carottes, des betteraves, des amarantes, des épinards, des oignons, des céléris qui, en plus de ceux qui servent à l’autoconsommation de sa famille, lui procurent plus de 20 000 francs à chaque récolte.

Pour Sibomana Faustin, l’expérience qu’il mène avec son jardin est très encourageante, malgré les difficultés d’arrosage qu’il doit éprouver en saison sèche, car il doit descendre loin dans la vallée pour transporter l’eau nécessaire avec des jerricans. Néanmoins, encouragé par les gains qu’il y retire, il souhaiterait étendre son jardin et acquérir une grande citerne d’eau, si les moyens les lui permettent. Il souhaite par ailleurs effectuer des voyages d’études pour acquérir davantage de connaissances en matière d’intensification agricole.

                                                                                                Aloys MUNDERE

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